Le Projet
Deux bouffons, disponibles, à l’écoute de leur époque, se mettent en paroles dans un itinéraire inspiré par la démocratie.
Ils jonglent de l’urbain et de ses habitants, des peuples et de leurs gouvernants.
C’est un spectacle d’échanges, « un agit’ propre », une quête décalée, un voyage dans l’utopie futile et donc indispensable à notre époque.
Tous fragiles, tous vivants... Ils cherchent collectivement une lueur de vérité : « l’inaccessible étoile ».
La Résidence
Le Citron Jaune accueille pour la première fois cette compagnie marseillaise qui poursuit son travail sur l’absurde et le décalage des personnages en déambulation dans l’espace public entamé lors des créations précédentes.
La tentative nouvelle, pour cette compagnie, sera de traiter ce spectacle dans un registre « bouffon ».
Pour cela, la compagnie Inflammable a choisie un langage « quasi universel » afin de partager cet acte face aux communautés d’ici et d’ailleurs.
Le Bilan
31 JANVIER 2006: PRESENTATION PUBLIQUE : sortie d’atelier de « DEMOS & CRATOS »
Suivie d’un pot et d’une soupe…
Au vu du nombre de billets distribués, une cinquantaine de spectateurs étaient présents, hors ilotopiens…
Soit au total près de 70 personnes.
La « répétition publique » a présenté l’avancée du travail fait au Citron par Olivier et Joseph sous la direction de Toni Cots. Après leurs 2 précédentes semaines de résidence (avec Michel Hermann puis Isabelle Caubère), cette 3ème semaine de travail - et 3ème rencontre - a permis (selon leurs paroles) de structurer et travailler leurs personnages. Toni leur a apporté un regard extérieur professionnel sur ce qui avait déjà été fait, et les a guidés sur des aspects théâtraux : la présence et la force des personnages, la nécessité ou non des entrées et sorties de ceux-ci, les mises en situation de rencontres…
Après s’être assis au centre de la « scène » (constituée par un tapis rouge rond) sous la direction des 2 comédiens, le public a ensuite rejoint les gradins disposés en demi-cercle.
« Demos et Cratos » :
Cette « divagation bouffonne autour de la démocratie » voit se succéder une suite de personnages multiples, qui se rencontrent en duos dans des situations diverses. Sur l’espace scénique sont disposés et utilisés échelles de différentes tailles, tabourets, cageots pour s’asseoir, paravents pour se changer.
Plus ou moins caricaturaux, les personnages sont souvent reconnaissables par leurs habits, leurs manières de parler, leurs discours. Ils représentent, incarnent, symbolisent, identifient ou caricaturent des visages de la démocratie. Quelques exemples : Abdelkader (qui est comme un regard, un lien aussi car il revient tout au long du spectacle), différents hommes politiques, un jeune cadre supérieur dynamique, Robert le représentant syndical, une femme à problèmes, une mamy lyonnaise, un jeune (racaille), une toute nouvelle élue... etc.
Après la sortie d’atelier, les comédiens ont proposé aux spectateurs de partager avec eux leurs réactions, questions, émotions, opinions… Des discussions riches et diverses se sont engagées.
Quelques échos en vrac de réactions de spectateurs :
Certains se sont dits séduits par la forme du spectacle, la ribambelle de personnages qui défilent.
A été souvent apprécié aussi l’espace scénique en demi-cercle ; une spectatrice a proposé d’enlever le paravent pour que le public voit les changements de costumes.
Questions sur le fait de faire asseoir le public au centre au début du spectacle, sur les gradins ensuite; Olivier a expliqué que cela symbolisait les différentes formes de démocratie (de la démocratie athénienne à la démocratie actuelle rappelée par les gradins en demi cercles comme l’assemblée nationale), cette proposition de faire bouger le public va encore évoluer.
Beaucoup ont senti que tous les personnages n’avaient pas la même force ni la même présence ou nécessité. Certains ont été ressentis comme superflus, pas assez assumés : ils manquent parfois de bouffonnerie, ils gagneraient à aller plus loin. Joseph et olivier ont dits s’être sentis eux-mêmes (dans les répét) parfois encore autocensurés sur certains discours ou sujets plus sensibles que d’autres…
Surprise de certains spectateurs du peu de paroles, ce qui par ailleurs a été apprécié par exemple par des spectateurs étrangers...
Le rapport vivant avec le public a été apprécié. Mais si elles ne sont pas construites et utiles, certaines interjections aux spectateurs peuvent être ressenties comme exagérées, redondantes.
Interrogations diverses sur l’évolution de l’écriture du spectacle, des personnages, des situations et des significations ; un exemple : le double personnage d’Abdelkader pourrait s’appeler Jean-François ou un prénom « bien français » ( !), puisqu’il porte déjà une djellaba qui l’identifie.
Plusieurs interrogations portaient aussi sur l’adaptation possible du spectacle et des personnages dans les autres pays et cultures, dans la mesure où il s’agit quand même souvent de références bien françaises : le jeune racaille, la mamy, certains discours politiques, syndicaux… même si en revanche les gestes silencieux et ambitieux de l’homme politique debout en haut de l’échelle sont sans doute « interculturels ».
Et encore beaucoup d’autres réactions diverses et variées….
A suivre …
Il est prévu encore 3 semaines de résidence (dont la dernière de nouveau avec Toni Cots) d’ici avril, date à laquelle le spectacle sera prêt (le première aura peut être lieu en région). Il s’agit d’un spectacle de rue, qui se jouera sous une tente. Joseph et olivier vont maintenant écrire le spectacle. Ils veulent trouver une forme universelle de langage, qui puisse parler de la démocratie à chacun, au-delà de sa culture… Ils ont en effet le projet de le jouer « pour tous et partout », avec une grande envie de faire tourner le spectacle à l’étranger.
La soirée s’est prolongée autour d’un verre et d’une soupe, avec un peu de musique (album de Tova). Olivier et Toni sont repartis le soir même, Joseph le lendemain matin. Aux derniers échos, ils se sont dits contents de la résidence (chauffée !), du nombre de spectateurs présents à la soirée, et des discussions avec ceux-ci …