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Lancement 2010
La Camargue, creuset des créations de la compagnie Nos projets dans cet événement s'intitulent «Parcours de l'eau», et se construisent aujourd'hui déjà avec «Les Oxymores d'eau», spectacle aquatique prêt à jouer au printemps 2010. Ce dossier offre des points de vue issus de nos nombreuses expériences spectaculaires avec “des publics du bord de l’eau” et jette les bases de la création en cours qui croisera grand spectacle visuel et utopie technologique et politique bien au-delà d'un effet de théâtre. La création en cours dans les ateliers d’ilotopie est une ode à l'eau, fresque de poésie et de violence, quand le partage des eaux se fait dans la fureur, quand l'eau baigne les naissances à venir, quand l'homme se rappelle à son métabolisme liquide, vieille algue devenue mammifère dressé. Pour rencontrer les Oxymores, paradoxes vivants glissants sur la scène liquide, le public viendra à la nuit, aux abords de l’eau, se repaître. L'eau, c'est parfois ce que l'on croit voir, mais c'est en fait ce que l'on est, élément constitutif, vital. Après « Narcisse Guette », chorégraphie rêveuse, et « Fous de Bassin », fantasmagorie aquatique, voici «Les Oxymores d'eau», spectacle d'un homme-nature en collision d'images, l'aventure des contradictions entre un monde qui nous quitte et une planète humide et bleue qui n'est pas sûre de nous garder.
Aujourd'hui, citoyens, écologistes, urbanistes et élus regardent l'eau des métropoles comme un espace de renouveau. Devenus enjeux de société, ces surfaces emblématiques peuvent faire signe comme un appel, elles sont le lieu des pensées fluides, lieu rêvé : vacuités urbaines inscrites au cœur de la ville saturée. Très souvent les villes sont nées de l'eau, présence d'une source, d'un fleuve ou d'un abri maritime. Pourtant, fleuves, lacs, mers et ports sont, avec les forêts, nos réservoirs d'imaginaires. Les surfaces d'eau vivent comme les respirations non bâties de l'urbain, des fragments d'horizons ou des couloirs d'immensités qui portent le citadin contemporain comme à la lisière de la jungle des villes. Ici, dans l'automobilebéton, le moindre caniveau est un confins, et tout bord de quai un ailleurs.
De même que la rue n'avait pas vraiment son théâtre avant l'avènement des Arts de la Rue, à part les harmonies, les majorettes et les carnavals, fleuves, lacs et mers sont encore dans un folklore artistique, avec joutes nautiques, vieux gréements et feux d'artifices. Notre choix, à travers cette création, est l'élaboration d'un spectacle majeur pour la compagnie, magique et presque chamanique, mais un spectacle qui porte aussi les valeurs corrosives que nous défendons chacun, humainement, dans notre société contemporaine, des fenêtres sur des choix possibles et un panel de fragments d'utopies lacéré d'images acides du monde actuel. Cet homme, que nous plaçons sur l'eau, n'est pas en conflit social, il cherche les causes de son insatiabilité et de son insatisfaction. Il ne sépare pas encore les morceaux de lui-même. Il reste individu, archétype construit de parts mythiques et d'acquis récents, scientifiques, philosophiques, politiques et affectifs, mis à l'épreuve du monde planétaire. « Les Oxymores d'eau » sont en écriture et en chantier, mais le champ de cette création est pour nous tout à fait balisé par nos expériences et nos désirs ; c'est aujourd'hui le travail en commun de la compagnie qui va devoir incarner le centre de ce nouveau spectacle. Cette scène eau fait un demi-hectare, en moyenne 80 mètres de large par 60 mètres de lointain. L'autre profondeur, celle de l'épaisseur d'eau pouvant varier de 70 centimètres à plus de 30 mètres selon les lieux. Ainsi posé, nous nous retrouvons dans un schéma théâtral assez traditionnel, avec un plateau particulièrement bien dégagé pour plusieurs milliers de spectateurs ! Evidemment, cette scène d'eau a ses qualités propres : vents, courants, marées ou vagues peuvent bousculer le spectacle jusqu'à le rendre irréalisable, mais la plupart du temps, les éléments atmosphériques ou de situations sont plutôt des contraintes dynamiques dans la scénographie.
L’électricité véhiculera certains acteurs tandis que d’autres se déplaceront par leur force physique. Nos recherches se portent aussi sur des sculptures aquatiques de déséquilibre, travaillées pour la métamorphose par l'acteur, basculement et renversement, émission d'eau en queue de paon pour déplacements d'avatars, usage d'air comprimé pour irruptions et déflations d'image-volumes, etc … Notre approche de l'eau est l'homme valorisé par l'espace, l'humain bien vivant au cœur du paysage, désigné comme le décideur du monde, l'unique porteur d'utopies. Durant plusieurs années d'essais, entre habitat lacustre, îles flottantes et mythes marins, nous avons appris que d'individus isolés sur l'eau émanaient d'étonnantes présences, et que si l'on choisit qu'un espace aquatique devienne un gigantesque théâtre, en s'alliant à l'eau, on ouvre de nouveaux champs de représentations. Le théâtre est notre outil de travail sur un chemin qui passe à travers la ville et par des images vivantes. Avec un peu de technologie, les acteurs d'ilotopie sont devenus libres sur la scène liquide, piétons de l'eau et comédiens de jeux de fantasmes, conducteurs de rêves ou de cauchemars, transferts obsessionnels et profils convulsifs, portant ici la vie et l'action comme sur une scène ordinaire. Les acteurs ont appris l’eau et sont devenus navigacteurs. Dans les Oxymores, ce seront quinze acteurs et techniciens qui déploieront ce théâtre d’eau.
Sur une heure, le spectacle se déroulera en trois actes : Acte 1 - un état rituel du monde, un avant, plaçant l’eau comme origine, et l’humanité comme fétu fragile. Acte 2 - un monde contemporain jusqu’au bout, oeuvrant à sa globalisation. Acte 3 - une bulle d’équilibre, où les eaux montantes ont su élever les hommes sur les chemins des utopies liquides.
10. La lumière sur l'eau De son côté, l’architecture solaire rediffusera la nuit les contre-jours et une poursuite prendra les solos d’acteurs. En mobilité permanente, un comédien méduse avec un costume lumineux se projettera lui-même pour focaliser le public sur les scènes spécifiques. Sa place sera toujours entre la rive et sa cible. Tous ces équipements seront auto-alimentés et fonctionneront en basse consommation d’énergie. Les lumières et leurs ruptures vont être une des clés de lecture des trois actes de ce spectacle. Après plusieurs types d'installations sonores pour diffuser les créations musicales, nous choisissons aujourd'hui de générer la musique depuis l'eau et souvent grâce à l'eau. L'air et l'eau seront les entités génératrices de sons émis grâce à des systèmes de tuyaux et d'anches, de biseaux et de rhombes. Une sorte de cornemuse aquatique doit être testée également pour ce spectacle, dans un choix de puissance sonore. Des ondes musicales amplifiées seront diffusées sur l'eau et depuis l'eau avec des alternances d'émergences et d'immergences, dans une écriture réalisée par le compositeur Phil Spectrum, qui invente la plupart des musiques de nos spectacles. En fait, tous les éléments de la scénographie flottante de l'événement sont capteurs d'énergie par la lumière et le vent, et leurs accumulations permettent, grâce à une gestion rationnelle des consommations des lumières, des musiques et des machineries, une féerie autonome. Durant quatre jours, badauds et publics pourront voir fonctionner cette installation aquatique sans précédent, avec ses acteurs glissants au milieu de ce potager d'énergie. Chaque architecture nautique, dont la station-phare, ainsi que les véhicules électriques et les plages flottantes rendront à l'heure dite les énergies captées sur le site pour les restituer au public à l'instant du spectacle. Fini la fête synonyme de gaspillage : ici et maintenant, on stocke les watts les jours d'avant pour mieux les distribuer le grand soir.
Les trois plages flottantes qui assureront une partie des lumières du soir (dont celles du public), sont des éléments catamarans à balancier équipés de 30m² de panneaux photovoltaïques, de batteries, et de 50 projecteurs longue portée en rasant. Les pièces imposantes du phare à cinq flotteurs sont ensuite érigées, puis les voiles membranaires des cellules voltaïques sont déployés et les trois éoliennes dressées. Cette île flottante technologique est le visuel majeur de l'installation s'orientant différemment à chaque instant du spectacle, présentant successivement des esthétiques différentes.
La scénographie se complète enfin de tous ses véhicules aquatiques, et des sculptures/jeux qui s'animent ensuite, avec l'eau et des pompes, de rapides mouvements de renversement. Une ambiance sonore vient baigner le site dès que tous les éléments sont en fonction et c'est un monde en respiration qui commence à exister au fil des jours. Les installations peuvent accueillir divers publics en journée pour des rencontres et des visites depuis le quai ou la berge.
- Panneaux photovoltaïques sur 5 lieux ( 60 m²) - Eoliennes - 3 éoliennes de 350 W - Groupes électrogènes de secours - Batteries à décharge lente + Régulateurs, chargeurs, convertisseurs, câbles... En 3 à 4 jours, de 20 à 70 KW seront stockés Consommation énergétique sur site - Eclairage accueil et sécurité du public sur 2H30 2 000 W Lampes et leds fluocompact - Lumières spectacle de face sur 1H 5 000 W 3 plages flottantes autonomes de 15 phares chacune - Lumières scénographie 1 500 W Lampes à leds disposées dans les sculptures flottantes - Lumières mobiles (avec acteurs) 800 W Leds d'éclairage acteurs - Sonorisation 2 000 W Amplificateurs sonores basse consommation - Moteurs (éléments mobiles) 3 000 W Déplacements ou propulsions par moteurs électriques. Consommation globale sur la soirée : 14 300 W Avec diverses pertes en ligne et en stockage, nous estimons sur 20 KW de consommation spectacle
Avril 2007 : résidence à l'Etang des Aulnes (Conseil Général des Bouches du Rhône) essais de machines flottantes et répétitions. Hiver 2008-2009 : écriture Janvier à mai 2009 : chantier de constructions, architectures et machineries. Du 04 au 14 mai 2009 : résidence à l’Abattoir (Centre National des Arts de la Rue) de Chalon sur Saône Printemps 2010 : répétitions à l’étang des Aulnes (Conseil Général des Bouches du Rhône) et Amiens. Première nationale : mai 2010
- Furies à Châlons en Champagne Aides à la création des « Oxymores d'eau » : - «In Situ » plate-forme européenne de créations de spectacles innovants en territoire urbain - ADAMI Recherche de co-productions et de pré-achats en cours.
ilotopie est soutenu par le Ministère de la Culture, la DRAC PACA, le Conseil Régional PACA, le Conseil Général des Bouches du Rhône, l'ACSE , SAN Ouest Provence, la DIREN, l’ONDA, la ville d'Arles, la ville de Port Saint Louis, Cultures France.
Spectacle aquatique hors normes
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