Les gens de couleur, déambulant dans la cité, grandissent l'image de l'homme. C'est une remise à l'échelle humaine que la couleur effectue. Les gens s'arrêtent, les voitures s'arrêtent, l'architecture devient grise, nue.

Les gens de couleur sont re/vêtus d'une seconde peau, très vive, brillante, plastique, donnant aux acteurs des allures de sculptures. Une couleur par personne: Bleu turquoise, rouge vif, vert pomme, jaune citron, rose fushia.

Leur liberté dans la cité
semble totale.

Parfois ils passent en courant, images éclairs, d'autres fois ils sont debout dans le bus, ou encore on les rencontre au marché à ne manger que leur couleur.

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Après un long parcours dans la ville, les gens de couleur prennent place. Prendre place c'est bien investir une place dans la cité, s'entourer d'un public naturel.
Chaque Personnage est attiré par un univers de sa propre couleur; il s'y installe, parmi deux ou trois accessoires
"sur mesure".

Quotidienneté glissante, gestes ordinaires,
comportements ralentis, comme usés.

Sur le seuil de cette répétitivité, soudain, surgit le fixateur:
la mousse. Dans chaque espace, elle gonfle: verte, rouge, bleue, jaune... mousse exubérante qui explose le sac à dos
du voyageur, mousse débordante qui pétrifie les pieds du baigneur. Là la ménagère exprime son linge, tissus gonflés
de mousse plastique.

Partout, l'expression plastique étouffe le geste,
et invente une forme nouvelle, mi homme, mi chose,
mutants colorés qui sont évacués on ne sait où.

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